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Les révélations sur Prism (programme de surveillance et d’espionnage généralisé des États-Unis) ont dérangé Washington : leur nation qui prône la démocratie et la liberté dans le monde s’essuie ouvertement les pieds sur le droit international et sur les libertés publiques.

Pour redonner son panache à la bannière étoilée, il fallait trouver une solution, et vite.

C’est décidé, la Maison-Blanche laisse fuiter des informations au New York Times, qui les relaie. Promis, juré, craché, le chef d’al-Qaida a ordonné à un lieutenant de perpétrer un attentat géant début août.

« La peur est ce qui affaiblit le plus le jugement »

L’opération est une réussite…glissant en off, que ces informations vitales ont été recueillies grâce à Prism.

Mais c’est bien sûr ! Quelle meilleure justification à l’existence de ce programme que sa capacité à déjouer une série d’attentats ?

En fait, même si le monde occidental a suivi Barack Obama dans sa psychose, François Hollande et Angela Merkel en tête, personne n’a eu accès aux informations. Mais, promis, elles sont fiables ! Les plus précises et effrayantes depuis le 11 septembre 2001, promet-on à Washington.

On se souviendra ici du grand jeu d’acteur du secrétaire d’État américain Colin Powell à l’ONU, lorsqu’il avait affirmé que Saddam Hussein avait des armes de destruction massive, et qu’il fallait croire son pays sur parole. C’était un bon gros mensonge, proféré dans le seul but d’obtenir une résolution pour légitimer la seconde guerre du Golfe.

Toutefois, une grande partie de la population n’a pas conscience de ces changements, ou se dit qu’elle « n’a rien à cacher ». Le vrai retour de bâton aura lieu quand les démocraties voudront appliquer les principes virtuels au monde réel, et non plus l’inverse. C’est-à-dire lorsqu’on ouvrira systématiquement tous les courriers postaux pour dénicher, peut-être, une lettre parmi des millions, qui évoquerait un éventuel attentat. Ou lorsqu’on fermera des autoroutes parce que, parfois, les terroristes les empruntent. Le problème est que ce jour-là, ce sera trop tard.

article intégral :http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/guerric-poncet/menaces-d-attentats-obama-utilise-la-trouille-pour-justifier-prism-06-08-2013-1711809_506.php