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"PRISM a réveillé les Européens", selon la vice-présidente de la Commission

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Société 2.0 –

L’affaire PRISM a peut-être sorti l’Europe de sa torpeur. Ces dernières semaines, le Parlement européen, la Commission et les ministres de la justice des États membres affichent un volontarisme certain. Reste à transformer les intentions en actes concrets. Mais vu l’étendue de la surveillance électronique et la variété des programmes d’espionnage, n’est-il pas trop tard ?

PRISM est-il l’électrochoc dont l’Europe avait besoin pour se souder politiquement ? Il est sans doute un peu tôt pour le dire. Toujours est-il que le Vieux Continent se met en branle. Du côté du Parlement européen, le programme est fixé pour les prochains mois : des auditions sont programmées en septembre, des déplacements aux USA doivent avoir lieu en octobre et des rapports doivent être produits.

Concernant le Conseil des ministres de l’Union européenne, les révélations sur l’espionnage électronique ont changé la donne. « Prism a réveillé les Européens sur la nécessité d’avoir des règles fortes et strictes« , à en croire la vice-présidente de la Commission européenne, en charge de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté. « On va pouvoir accélérer la cadence et faire très, très vite« .

En ligne de mire, la révision de la directive 95/46/CE sur la protection des données personnelles. Un brouillon a pourtant été soumis début juin, mais les ministres de l’Union européenne l’ont repoussé. Pas assez protecteur pour les uns, trop handicapant pour le e-commerce pour les autres… ironie du sort, le Guardian révélait au même moment l’existence du programme PRISM.

Depuis, le couple franco-allemand a l’air de s’accorder. Christiane Taubiraa ainsi fait une déclaration commune avec la ministre de la justice d’Allemagne en faveur de la garantie d’un « haut niveau de protection des données des citoyens européens » et du « droit de chaque citoyen de savoir quelles données personnelles sont collectées par les opérateurs de télécommunication« .

Les Européens doivent également savoir « dans quelle mesure ces données sont transférées à des autorités étrangères et dans quel but« , tout en laissant à l’Union européenne la capacité de « pouvoir continuer à veiller aux conditions de leur utilisation« . Les deux ministres ont souhaité que ce projet de réglementation, qui devra être « exigeant« , aboutisse « le plus vite possible« .

« La nouvelle du jour, c’est que les Français et les Allemands veulent avancer vite. C’est une décision qui est prise à la majorité, et on peut se permettre d’oublier l’opposition de la Grande-Bretagne quand le moteur franco-allemand rassemble la grande majorité des États membres« ,selon Viviane Reding. « L’action conjointe franco-allemande va être extrêmement utile« .

Néanmoins, l’affaire PRISM n’est que la partie émergée de la surveillance électronique (voir l’article de Reflets sur l’écoute directe des câbles sous-marins et l’espionnage décentralisé). En la matière, les pays qui s’offusquent de l’espionnage américain ne sont pas les derniers à appliquer leur propre stratégie, voire à passer des accords directement avec la NSA. La raison d’État l’emporte sur l’État de droit.

Cela étant, ce n’est pas une raison pour rester les bras ballants. L’Europe bouge. Reste à voir quelle sera la portée finale du projet de règlement européen en la matière et son efficacité réelle. Car la pression américaine pour que le statu quo perdure est gigantesque, tout comme l’est le lobbying des géants du net pour éviter que la naissance d’une législation trop contraignante sur le Vieux Continent.

( photo : présidence lituanienne de l’UE )

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com
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Le piratage s'effondre en Norvège, sans Hadopi

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À en croire un rapport Ipsos sur ces quatre dernières années, la Norvège est en train de démontrer le rôle-clé de l’offre légale dans la lutte contre le téléchargement illicite. Point à souligner, ce recul s’est produit dans un pays qui n’a pas mis en place la riposte graduée.

Le téléchargement illicite n’est pas une fatalité. Il n’est que la conséquence de l’inadaptation du droit d’auteur et de la rémunération des créateurs aux particularités du numérique. Ce phénomène ne pourra que se résorber lorsqu’une réforme ambitieuse (comme celle-ci oucelle-là) sera engagée. Mais encore faut-il avoir le courage politique d’engager une telle révision.

En attendant, le meilleur moyen à disposition des pouvoirs publics et des industries du divertissement reste l’offre légale. C’est en proposant un choix de qualité, accessible, varié, abondant et abordable que les ayants droit parviendront à faire revenir les adeptes du téléchargement illégal dans les clous de la législation. Ce n’est pas en tapant à coups de bâton sur l’internaute.

Cette logique est manifestement à l’œuvre en Norvège, à en croire unrapport (.pdf) Ipsos sur la période 2008 – 2012. Relayée par Torrentfreak, l’étude assure avoir constaté un effondrement du piratage de la musique et une baisse sensible concernant les films. En revanche, la situation est plus contrastée pour les contenus audiovisuels. Une hausse s’est produite jusqu’en 2011, avant une nette baisse l’année d’après.

Concernant la musique, le rapport indique que 210 millions de titres ont été piratés l’an dernier contre 1,2 milliard en 2008. Concernant les films, le nombre de contenus piratés est passé de 125 millions en 2008 à 65 millions en 2012. Du côté des séries télévisées, les statistiques ont évolué de 135 millions à 55 millions. Et la faible population du pays (à peine cinq millions) n’explique pas tout.

A priori, ce n’est pas la menace du gendarme qui a poussé les Norvégiens à adapter leurs pratiques culturelles sur la toile. Il n’existe aucun mécanisme de riposte graduée là-bas, contrairement en France. On se souvient d’ailleurs que les FAI ont refusé de suivre les instructions de l’industrie musicale, tandis qu’un ministre a manifesté son opposition à ce mécanisme, lui préférant la licence globale.

La réponse est plutôt à chercher du côté de l’offre légale. Le service de SVOD Netflix est par exemple disponible en Norvège. Les plateformes musicales en streaming sont également très populaires, à l’image de Spotify ou Wimp. À l’été 2012, la presse norvégienne indiquait que 48 % des Norvégiens disposaient d’un compte sur l’un de ces services.

« Lorsque vous avez une offre légale de qualité, les personnes ont tendance à s’en servir« , a commenté un ancien professeur de droit de l’université d’Oslo. « Lorsque vous avez à disposition une offre qui ne coûte pas trop cher et est facile à utiliser, il est moins intéressant de télécharger illégalement« .

Sans doute la Haute Autorité en tirera-t-elle quelques conclusions, dont le bilan anti-piratage et son impact sur les chiffres de la consommation légale sont accablants. Cela dit, la responsabilité incombe aussi aux plateformes légales, dont un récent test a mis en lumière les nombreux obstacles qui empêchent ces offres de rivaliser efficacement avec les contenus circulant sur des canaux alternatifs.

Article diffusé sous licence Creative Common by-nc-nd 2.0, écrit par Guillaume Champeau pour Numerama.com
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Twitter privé du droit de faire appel pour protéger les données d’un manifestant

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Un juge new-yorkais a sommé Twitter de livrer les informations qu’il possède sur un manifestant du mouvement Occupy Wall Street, sans attendre le résultat de l’appel interjeté par le réseau social. S’il refuse, Twitter devra payer une amende pour « outrage au tribunal ».

article externe, cliquez ici pour l’article 

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L’UMP défend l’efficacité de son Hadopi

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Dans un communiqué publié lundi, signé par Frank Riester, l’UMP dénonce la prise de position d’Aurélie Filippetti qui juge l’Hadopi inefficace. (suite…)

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Le site web de TF1 HS. Un data-center SFR en cause.

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Voilà qui devrait rappeler les précautions de base que tout directeur de système d’information en charge d’un des plus gros réseaux web européens devrait prendre. Une partie importante des sites internet du groupe TF1 est hors ligne depuis plusieurs heures ce lundi matin, suite à un incident sur le datacenter SFR de Courbevoie. (suite…)

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