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Edward Snowden doit commencer à être l’une des personnes les plus détestées par les capitaines de l’industrie high-tech américaine. Car ses révélations sur le programme d’espionnage Prism jettent le discrédit sur tous les acteurs du cloud computing américain, l’un des secteurs les plus dynamiques du marché high-tech.

Et les dégâts économiques seront loin d’être négligeables.
Le cabinet d’analyse ITIF (The Information Technology & Innovation Foundation) vient de faire une première estimation. Google, Microsoft, Amazon et consorts pourraient perdre entre 22 et 35 milliards de dollars de revenus dans les trois ans à venir, en raison d’une désaffection de la part des clients étrangers, en particulier européens.

La méfiance grandissante envers les services américains les pousserait à préférer les offres de prestataires locaux.
Une opportunité pour les fournisseurs européens

Pour établir ces estimations, ITIF s’est appuyé sur un sondage réalisé en juin et juillet 2013 par une association professionnelle, la Cloud Security Alliance. Ainsi, 10 % des membres non-américains ont répondu avoir annulé un projet avec un fournisseur cloud américain. Et ils sont 56 % à être moins enclins à souscrire un service américain. Inversement, 36 % des membres américains pensent que les révélations sur la NSA vont rendre les ventes de cloud plus difficile à l’étranger. ITIF en déduit – même si les données sont encore assez récentes – que les fournisseurs cloud américains perdraient entre 10 et 20 % de parts de marché hors Etats-Unis.

Ceux qui peuvent en profiter le plus sont les acteurs du cloud européens, qui vont jouer la carte de la sécurité des données avec l’aide rhétorique des responsables politiques européens. Certains enregistrent déjà une forte croissance des revenus. Selon l’étude, l’hébergeur suisse Artmotion a augmenté son chiffre d’affaires de 45 % depuis les révélations d’Edward Snowden.

Evidemment, le secteur high-tech américain ne va pas rester comme ça sans rien faire. Il va essayer de contre-attaquer en essayant de relativiser la portée de ces révélations. Selon ITIF, la première chose à faire serait que le gouvernement américain donne davantage de détails sur ces programmes d’espionnage et explique quelles données sont réellement concernées et comment elles sont traitées. Pour l’instant, ce n’est pas gagné.

L’étude de l’ITIF

http://www.01net.com/editorial/601007/le-scandale-prism-pourrait-couter-cher-a-l-industrie-high-tech-americaine/