logo de la fondation Carla Bruni-Sarkozy

Depuis que la Cour des comptes a révélé le coût extravagant du site de l’épouse de Nicolas Sarkozy, on assiste à un feuilleton, qui commence par un site maigrelet réalisé sous le logiciel libre WordPress en 2009.

Carlabrunisarkozy.org a coûté 410.000 euros à l’État

 

Le 18 juillet, c’est ce chiffre faramineux que relève Politique.net à partir du rapport de la Cour des comptes. Carlabrunisarkozy.org (lancé en 2009 et toujours en ligne), consacré aux bonnes œuvres de la Première dame [je sais, la notion, américaine, n’existe pas en droit français] d’alors, a coûté 410.000 euros à l’État pour 2011 et 2012.

 « Une cyber catastrophe à 410.000 euros pour le contribuable »

Le 21 juillet, c’est en ces termes peu élogieux que le journaliste et blogueur Bluetouff, alias Olivier Laurelli, dresse une analyse – exécution en règle du site de Carla Bruni-Sarkozy, publiée aussi le lendemain dans Rue89.

La lecture intégrale de ce texte est chaudement recommandée.

« Si je devais chiffrer techniquement le développement d’un site comme Reflets.info, ce dernier n’excéderait pas les 4000 euros pour une petite semaine de customisation de skin et modules. Comment celui de Carla Bruni Sarkozy a t-il pu être facturé 100 fois plus cher? »

« Le WordPress n’est techniquement pas maintenu. Le fichier readme.html arbore fièrement une version 3.0.4.  A titre d’information nous en sommes, à l’heure où nous écrivons ces lignes, à la version 3.5.2 ! »

« Le contribuable s’est fait escroquer, c’est pour moi une évidence../.. »

 Une pétition: Carla Bruni, faites don des 410.000 euros

Le 24 juillet, une pétition est lancée sur Change.org: « Carla Bruni: faites don des 410.000 euros d’argent public dépensés pour votre site personnel ».

Signée au moment où je publie ce billet par plus de 65.000 personnes.

 La fondation Carla Bruni Sarkozy se défend – enfin, essaie

Via un « démenti » sur son fameux site, la fondation essaie d’éteindre l’incendie.

« – Tous les contenus visibles sur ce site on été intégralement financés par la Fondation. Ils n’ont été en aucune façon financés par l’Etat ou quelque autre entité extérieure à la Fondation, et ceci depuis la création du site. »

Bel exemple de tentative d’enfumage que ce « tous les contenus visibles sur ce site », qui appelle immédiatement « et le contenant? ».

 Un compte Twitter aurait suffi

La fondation Bruni essaie aussi de se défendre via Le Figaro hier, 26 juillet.

Elle affirme que le site web renvoyait à l’époque  à différents contenus, dont les « actions de la première dame » et l’engagement de Carla Bruni contre le sida, depuis retirées du site.

Manque de chance pour cette défense en carton pâte, Olivier Laurelli réplique, après avoir trouvé via la WayBack Machine, des exemples de ces contenus si chers, qui s’avèrent si succincts qu’un compte Twitter aurait suffi à les publier.

 Une controverse qui passe à l’international et s’élargit

Cette affaire exemplaire où se mêlent gaspillage d’argent public, confusion public-privé et dépenses délirantes a notamment été relevée hier par le Guardian. Le quotidien britannique attaque son article ainsi:

« Quand Carla Bruni-Sarkozy – une héritière millionnaire qui dans le passé a gagné plus de 4 millions de livres par an [4,6 millions d’euros] comme mannequin vedette – est devenue la Première dame de France, des commentateurs ont murmuré qu’elle pourrait être attaquée comme une sorte de Marie-Antoinette moderne. Mais ce n’est que maintenant que son mari, l’ancien président de droite, Nicolas Sarkozy, a quitté ses fonctions qu’elle est de plus en plus prise comme le symbole de son ère d’argent et de bling-bling. »

De son côté Olivier Laurelli, qui ne lâche pas le morceau, relève aujourd’hui, 27 juillet, que

« Le site a en fait coûté bien plus de 410.000 euros: sa conception initiale en 2009.

Une question légitime subsiste: Puisqu’en 2009 déjà, le site était déjà ‘dédié à sa fonction de première dame’, combien a t-il absorbé pour les années 2009 et 2010? »

A suivre…

http://www.zdnet.fr/actualites/carla-bruni-sarkozy-un-site-en-toc-a-prix-bling-bling-aux-frais-du-contribuable-39792779.htm#xtor=RSS-1